CULTURE / LIFESTYLE

Le Téhéran d’India Mahdavi

Téhéran, ville mystérieuse, diamant brut fascinant qui a été pendant depuis des siècles source d’inspiration pour bon nombre d’artistes jusqu’à aujourd’hui et la créatrice India Madhavi ne fait pas exception. Née en Inde, Architecte et designer française d’origine Irano-Égyptienne, elle s’est très tôt prise de passion pour les couleurs et est à l’origine de projets qui célèbrent son univers, retranscrivant sa vision de l’architecture influencée par la richesse de ses multi origines. On lui doit notamment le fameux restaurant Sketch à Londres, lieu / boudoir tout en velours et à la palette rose bonbon ou encore le salon Ladurée de Beverly Hills, Un jardin de douceurs qui célèbre la rencontre du bosquet français et de la gourmandise, en mode pop.

India Mahdavi signe avec le photographe Français Amboise Tezenas, une série de clichés de Téhéran, hommage à la capitale Iranienne, entre poésie et intimité.

Deux portraits, deux parcours qui se rencontrent artistiquement parlant pour donner une rencontre qui fait fleurir plus que de simples clichés, ce sont de véritables âmes artistiques qui communiquent et célèbrent une capitale touchante par ses œuvres de rue et son architecture pleine d’histoire, où se jouxtent tradition et art contemporain pour une harmonie sans pareille.

Restaurant Sketch, Londres, désigné par India Mahdavi

Ladurée Beverly Hills, désigné par India Mahdavi



INDIA MAHDAVI, LES DÉBUTS

India, comme dit plus haut, est née en 1962 de l’union d’un père iranien et d’une mère égyptienne. Le voyage l’accompagnera depuis très tôt avec une famille qui se déplace beaucoup entre l’Europe, les États-Unis au gré des affections de son père diplomate. C’est d’ailleurs aux États-Unis où elle étudie à la prestigieuse école de design Parsons School et où elle y obtient son diplôme.

Elle se rend ensuite en Allemagne puis en Angleterre avant d’arriver en France. Plus tard, India Madhavi suit les cours de l’École des Beaux-Arts de Paris pour parfaire sa formation d’architecte.

Le showroom India Mahdavi de la rue Las Cases, à Paris, photo from Madame Figaro

En 1999, elle crée son agence d’architecture. Son travail reflète très tôt ses origines multiples et ses nombreux voyages, un mélange harmonieux de formes et de couleurs qui fait complètement sens.

Après avoir travaillé pour des hôtels et des restaurants à New York, India Mahdavi s’oriente vers le design de mobilier. Les lignes sont sobres, les matériaux nobles. Elle ouvre alors un show-room et une boutique d’accessoires de décoration. Son tabouret en céramique « Bishop » est devenu un best-seller, tout comme sa bibliothèque « Diamonds ». La designeuse exporte désormais son savoir-faire dans des lieux prestigieux du monde entier. Après de nombreuses récompenses, India Mahdavi a figuré dans le top 100 du design du Time en 2008.

Même après les nombreux et récompenses d’architecte prix accumulés, ( (Prix du designer de l’année au Salon de la maison et de l’objet en 2004, le trophée Whirlpool Femme en or dans la catégorie art), l’architecte a sur conserver sa curiosité d’enfant qui pose son regard sur le monde, en quête de moyens pour transmettre une certaine joie de vivre.

SES INFLUENCES COLORISÉES

Son travail reflète complètement sa représentation du monde, un mélange des genres et des influences mais avec ligne conductrice bien dosée et un minimaliste pimenté.

Le travail de Mahdavi est un mélange d’élégance et de couleur caricaturale. Elle attribue son héritage familiale, ses voyages visuels et sensoriels au cours de sa jeunesse, à son style de design minimaliste mais complètement nuancé. Pensez à elle avec le mot « métissage », un mélange culturel de la société, dit-elle. Depuis l’ouverture de son studio dans les années 2000, India Mahdavi développe à travers ses créations une certaine vision du bonheur et de la couleur, dans laquelle elle ne cesse de se maintenir. Elle affectionne particulièrement le velours et aime manier les contrastes entre les jeux graphiques et les palettes vives et intenses.

LE TÉHÉRAN D’INDIA

Téhéran par India Mahdavi et le photographe Ambroise Tézenas

C’est donc avec le photographe Français Ambroise Tézenas et la journaliste Marie Kalt qu’elle entreprend un voyage d’une intensité culturelle, visuelle et sensorielle à Téhéran, pour le magazine AD, dans le but de se rendre dans tous les lieux qui l’inspirent, qui l’émeuvent et qui l’influence dans son travail d’architecte. Le fruit de ce voyage si enrichissant donnera lieu à des clichés qui permettront de mieux comprendre l’esprit de ses propres créations. À Téhéran, l’Orient et la culture post-pop se mêlent constamment comme dans un jeu. Un Désordre architectural mêlant bâtiments anciens, traditionnelles, et modernité voire même art contemporain, le tout formant une harmonie des sens qui fait voyager n’importe quel visiteur dans une culture qui a tant à raconter.

Sur l’avenue Vali-ye Asr, il y a cet escalier dont les fresques florales en céramique tranchent avec les lignes du béton. Téhéran est dans cette juxtaposition de bouquets et de lignes sévères, comme si l’esprit du jardin persan, avec ses fontaines et sa végétation, avait résisté à toutes les blessures, telle l’âme des habitants de Téhéran.

La série de photos est à consulter : ici

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